jeudi 17 juin 2010

Un soir de son anniversaire, mon ami André avait fait jouer cette chanson chez lui, nous devions avoir 25 ans. Je ne l'avais jamais entendue: du coup, je suis tombé par terre, écrasé sur le planché de son appartement. J'étais jeune alors et ne me doutais pas du niveau auquel cette tristesse peut descendre.

vendredi 28 mai 2010

La politique est-elle synonyme de corruption?
Le hockey est-il synonyme de religion?
La vie est-elle synonyme de difficultés financières?
Les gens sont-ils synonymes de cons?
La politique vs la citoyenneté
Le hockey vs la culture
La vie vs l’argent
Les gens vs les cons

Bienvenue dans le monde où toutes les formes de relations ont été réduites, dans une étrange identité, à vs et synonyme.

samedi 22 mai 2010



J'ai mangé mon monde ce soir
Je l'ai mangé sans m'en apercevoir
Sans faim ni monde
Me suis avalé moi-même
Sans m'en rendre compte

dimanche 16 mai 2010

Écoutez crier la foule quand il dit:
-Tonight I'm gonna take that ride, across the river to the jersey side
puis,
-Down the shore everything's all right (the jersey shore: l'autre bord c'est New York bien sûr)
et finalement quand il dit un peu plus loin: -When you're in love with a Jersey girl

Comme c'est dur de passer toute sa vie à se faire dire qu'on ne vaut rien parce qu'on n'est pas né au supposé bon endroit.

mercredi 12 mai 2010

Chronos panton pater
Le temps est père de toutes choses
(Pindare)

Quel étrange dieu.
J'ai trente quatre ans, deux fois l'âge où je me crois.
Hier... ah, à quoi bon? Tous les gens que je connais sont devenus d'autres gens et moi-même je suis un vieil étrange. Hier à présent demain: j'aimerais bien dire "quelle catastrophe", mais je serais gêné de l'emphase et du cliché.

lundi 3 mai 2010


J'ai découvert ces jours derniers, avec le livre de N.Baillargeon Contre la réforme qu'une bonne part de l'inspiration de la récente réforme de l'éducation au Québec était inspirée par une théorie qu'on appelle constructivisme radical. On peut percevoir assez aisément dans le langage et les schèmes de réflexion de la pédagogie qui voulait être imposée à l'école une origine qui renvoie à des réflexion et des influences philosophiques assez connues si l'on est un peu formé en la matière (souvent les philosophes influencent ainsi des gens sans qu'ils ne le sachent), mais je n'aurais jamais osé penser que ces influences étaient explicitement revendiquées dans une si totale incompréhension et une si complète naïveté par les acteurs de cette réforme.
Il se trouve qu'on enseigne aux enseignants futurs et qu'on corrige les actuels en les informant qu'il est avéré que le "monde extérieur" n'existe pas, ce qui explique le rejet de l'"enseignement" "autoritaire" de "savoirs" et la méfiance envers l'évaluation et la correction d'"erreurs". Je fais simple, mais je dis vrai et pourrais le montrer envers et contre toutes les nuances que ces gens souhaiteraient apporter pour ne pas perdre la face et avouer qu'ils ne font ce qu'ils font que parce qu'ils sont des couards, des cancres qui veulent se venger et des opportunistes qui souhaitent conserver leur pouvoir, leur travail et leurs subventions. Le plus drôle est qu'ils s'inspirent de Heidegger (à travers Foucault et les autres bien sûr) dans leur négation de la vérité correspondance (thèse qui dit que la vérité implique une adéquation entre les représentations du sujet et une réalité objective: imaginez un système d'éducation entier basé systématiquement sur la négation de cela, et bien c'est ce que vous avez), en ignorant que dans le paragraphe qui influence sans qu'ils ne l'aient lu ces ignorants qui se croient autorisés par lui à une conclusion sceptique, Heidegger dit ce qui suit:
"Du reste, le sceptique, s’il est factuellement, selon la guise de la négation de la vérité, n’a pas non plus besoin d’être réfuté. Pour autant qu’il est et qu’il s’est compris dans cet être, il a éteint l'existence, et avec lui la vérité, dans le désespoir du suicide".
Il semble que ce soit ce suicide que nous réserve le ministère de l'éducation et les départements des sciences de l'éducation. C'est vraiment "le bout du bout" comme on dit, de se faire enculer au point de se voir dérober la liberté de se suicider soi-même.

vendredi 30 avril 2010

Mon corps est stupide: il me force à dormir. Quelle inutilité, comme dirait l'autre.
http://unevieinutile.blogspot.com/

lundi 26 avril 2010

Pourquoi, quand on joue Love in vain, le fa# sur la corde basse change tout? Il n'y a pas beaucoup de mystères qui m'intéressent autant que celui-là.

samedi 10 avril 2010

Bon, oui, il y a cette lune jaune
C'est entendu
Qui fait des trous dans la nuit

Et moi qui regarde par la fenêtre
Et trébuche jusque dans la rue
Avec la lune jaune sans le vouloir
J'ai l'air d'un sou qui brille

Les trains qui vont au centre de la ville
Sont pleins de ces filles de Brooklyn
Qui veulent si fort s'éclater
Pour faire sauter leur petit monde

Te verrai-je ce soir
Dans le train du centre de la ville
Toutes les nuits sont aussi nulles
Tu laisses toujours ma tête toute nue


Images of broken light
which dance before
me like a million eyes
they call me
on and on across the universe


The Beatles

Ce n'est pas drôle de mourir
Et d'aimer tant de choses


Paul-Jean Toulet

mardi 6 avril 2010

Les fleurs qui s'écrient hors de bouches
Et tout ce que je ne sais pas dire
Tout ce que je ne connaîtrai jamais
Tout cela tout cela changé en ce vin pur
Dont Paris avait soif
Me fut alors présenté

Actions belles journées sommeils terribles
Végétation Accouplements musiques éternelles
Mouvements Adorations douleur divine
Mondes qui vous rassemblez et qui nous ressemblez
Je vous ai bus et ne fut pas désaltéré

Mais je connus dès lors quelle saveur a l'univers

Je suis ivre d'avoir bu tout l'univers
Sur le quai d'où je voyais l'onde couler et dormir les bélandres

Écoutez-moi je suis le gosier de Paris
Et je boirai encore s'il me plaît l'univers

Écoutez mes chants d'universelle ivrognerie

Et la nuit de septembre s'achevait lentement
Les feux rouges des ponts s'éteignaient dans la Seine
Les étoiles mouraient le jour naissait à peine


Vendémiaire, Appollinaire

samedi 3 avril 2010

Un garçon se croit incompris. Il se plaint et hurle doucement pendant des mois. Puis il s'aperçoit que ses détresses sont banales, que la plupart des visages qui le côtoient ont vécu les mêmes et sont passés à autre chose. Il s'étonne qu'on puisse comprendre et s'en foutre, puis tranquillement, ceux qui font semblant de ne pas s'en foutre lui deviennent encore plus insupportables que les autres.

samedi 27 mars 2010

"You're not an artist, Peggy, you solve problems".
Don Draper, Mad men





jeudi 18 mars 2010

Je n'ose pas le dire souvent, mais c'est Alexandre Dumas qui sans doute a eu le plus d'influence sur moi. Ce nest pas l'écrivain le plus audacieux, ce nest peut-être pas le plus habile, peut-être pas le plus savant, je ne suis même pas sûr que c'est en tant qu'écrivain qu'il m'influencât, mais si ce n'est rien d'autre, c'est un rudement bon ami qui donne de droits conseils:
" Ne craignent-ils pas que la Vendée finisse par se lasser, un jour ou l'autre, d'un dévouement qui, jusqu'aujourd'hui, ne lui a pas encore valu, que je sache, même un remerciement?
-- La Vendée, cher ami, reprit Morgan, est une terre généreuse et qui ne se lassera pas, soyez tranquille; d'ailleurs, quel serait le mérite de la fidélité, si elle n'avait point affaire à l'ingratitude? Du moment où le dévouement rencontre la reconnaissance, ce n'est plus du dévouement: c'est un échange, puisqu'il est récompensé. Soyons fidèles, toujours, soyons dévoués tant que nous pourrons, et prions le Ciel qu'il fasse ingrats ceux auxquels nous nous dévouons, et nous aurons, croyez-moi, la belle part dans l'histoire de nos guerres".

Les compagons de Jehu

mercredi 10 mars 2010

Every day takes figuring out all over again how to fucking live.
Jane, Deadwood.

mercredi 3 mars 2010

samedi 27 février 2010


Il y a une ville pas très loin de chez moi tout le monde parle d’elle comme d’une ville extraordinaire je ne sais pas s’ils ont raison je n’y suis jamais allé tout le monde m’insulte pour cela on y parle une langue que je connais par hasard
Cette ville dit qu’elle est nouvelle elle s’appelle New York

jeudi 25 février 2010

Why hold on to something that makes you feel sad, Kate asks.
What a strange question, I think, there is nothing else I'd rather hold on to.

samedi 20 février 2010

-Il faut que je m'assure de la présence du produit par un contact visuel, me dit-il.
-La sécurité d'emploi est essentielle à la qualité de vie, répète un autre.
-Ne tombons pas dans la sémantique, dit celui qui se croit subtil.
-Tout le monde a son point de vue et personne n'a raison disent-ils tous ensemble convaincus.

dimanche 24 janvier 2010

Psychologie

Étudiant récemment le Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders (DSM), je me suis laissé envahir par l'étrange impression qu'il y avait quelque chose de commun entre ce que je lisais et les descriptions de personnalités que produit l'Astrologie. Je ne sais que faire de cette impression et comme je ne voudrais pas dire de grossièretés, je vais me taire.

vendredi 8 janvier 2010

L'incitation à la pénétration

Watson to Holmes:
"You reasoned it out beautifully", I exclaimed in unfeigned admiration. "It is so long a chain, and yet every link rings true."
"It saved me from ennui," he answered, yawning. "Alas, I already feel it closing upon me! My life is spent in one long effort to escape from the commonplaces of existence. These little problems help me do so."
"And you are a benefactor to the race," said I.
He shrugged his shoulders. "Well, perhaps, after all, it is of some little use," he remarked. "'l'homme c'est rien -- l'oeuvre c'est tout,' as Gustave Flaubert wrote to George Sand."

mardi 22 décembre 2009

La vérité, en portrait, ovale bien sûr...

lundi 14 décembre 2009

"The questionnable gift of knowing we're going to die..." Je suis mort le...ça devait être un jour de mai il me semble ou avril, je ne sais plus quelle année -- jamais été bon avec compter les années -- c'était en 1994 comme on dit. Ça semble correct, moi qui me plains toujours quand ça n'est pas l'hiver, d'être mort au printemps. Je suis mort ce jour-là en embrassant quelqu'un qui ne m'aimait plus dans une taverne à midi entre deux cours au CEGEP. Et je suis mort tellement de fois depuis qu'aujourd'hui, sur le point de ne plus avoir l'âge du Christ, j'en suis venu à n'être presque plus capable de supporter de mourir.

jeudi 3 décembre 2009

Yes we could.

mercredi 25 novembre 2009

S'il y en a un autre ostie qui dit "poser la question c'est y répondre" je le tue ou me suicide, ou mieux, produit dans un éclat explosif et parfait un heureux mélange des deux. Poser la question, n'en déplaise aux illettrés, ce ne sera jamais y répondre. Répondre à la question c'est y répondre. La poser, ou du moins en poser une intéressante, c'est déjà pas mal, mais ce n'est toujours que la poser.

dimanche 22 novembre 2009

WHEN IT'S COLS I'D LIKE TO DIE

Je ne sais ce qu'est le froid. Le froid fait peur à tout le monde. Tout est froid. Je m'en fout. C'est quand il fait froid que le coeur pompe et bat et qu'on s'excite et que les baisers sont chauds, mais pas de cette chaleur morte et affadie des mauvaises plages, de la chaleur aiguisée qui brûle. Le soleil et la glace sont des partenaires parfaits.

samedi 21 novembre 2009

J'ai vérifié, honte à moi! Ils appellent ça le TAS. Ils ont un acronyme! J'appelle à l'aide, au secours, décidément j'en ai trop enduré. Je vais me faire une soupe alpha bits pleine d'acronymes remplis de ciguë ou d'arsenic ou de curare et vais enfin en finir avec toutes ces insupportables diminutions.
Une psychologue à la radio parlait l'autre jour -- excusez-moi si je me trompe, j'en ai le cerveau tout estourbi -- de trouble affectif saisonnier. Il semblerait que des gens seraient, à l'approche de l'hiver, soudain pris d'un syndrôme objectif, incontrôlable, maladif, malheureux, écrasant que l'on nomme dépression, mais que cette dépression serait levée aussitôt les premières lueurs du printemps. S'attelant hardiment à la tâche de démêler tous les noeuds de ce mystère insondable, les psychologues ont pointé du doigt l'absence de lumière l'hiver qui pourrait avoir sur l'organisme humain des conséquences dépressives, mais leurs recherches à cet égard ne donnant que peu de résultats probants, en sont venus à la conclusion qu'il faudrait sans doute accuser une combinaison de facteurs.

S'il vous plaît sauvez-moi de cet univers impossible qui veut faire mourir les accents circonflexes sur les i et tout ce qu'il reste de lumière avec. Je savais bien qu'en tuant les cîmes on trouverait le moyen de tomber plus bas que le fond du baril!

C'est l'hiver criss, et l'hiver il fait froid et noir et les paresseux et les couards sont malheureux de ne pas être des carpes qui reposent dans l'eau et au soleil. Voilà tout. Tant pis pour eux. Ils ne savent pas ce qu'ils manquent les joues coupées par le froid, avec des épaisseurs de pluie du ciel crystalisée en mottons denses partout sur la rue qui ensevelissent les voitures et les passants endormis, et des glaces qui craquent et chantent quand on marche dessus et la bouche qui fume comme un dragon sans cigarette. Dieu que j'ai hâte!

mardi 17 novembre 2009

Tiens j'en ai assez de gribouiller des niaiseries, vais me remettre à chanter et jouer de la guetar, au moins, même tout seul, je vais avoir un peu de plaisir.

lundi 16 novembre 2009

I'm not a husband to my wife
I'm not a father to my children
I'm not a friend to my friends

I'm nothing


Tony Soprano, The Sopranos, episode 12 (Isabella), saison 1.


Comme c'est étrange, Tony a lu Levinas... et l'a compris comme s'il avait aussi réfléchi après l'avoir lu.