Voilà. Une petite séance de réflexion pour les cons qui veulent pas être gros et mourants et pour les plus cons encore qui osent penser que les gros ont besoin qu'on les défende.
L'actualité n'est toujours que ce qu'elle est déjà. Qui en fait son idole s'assure de ne jamais être surpris par une nouveauté.
mardi 12 juillet 2011
lundi 4 juillet 2011
vendredi 17 juin 2011
La vie est dure. Tout le monde le sait. Mais ce qui gâche tout, ce sont ces distraits qui font comme si c'était intéressant, les pires à cet égard étant bien sûr les désespérés. Quelques phrases comme celles qui suivent, parfois nous en consolent:
La vie fleurit par le travail, vieille vérité: moi, ma vie n'est pas assez pesante, elle s'envole et flotte loin au-dessus de l'action, ce cher point du monde.
A. Rimbaud, Une saison en enfer
La vie fleurit par le travail, vieille vérité: moi, ma vie n'est pas assez pesante, elle s'envole et flotte loin au-dessus de l'action, ce cher point du monde.
A. Rimbaud, Une saison en enfer
mercredi 25 mai 2011

De la suite dans les idées
Le passager arrière respirait les gaz d'échappement, afin qu'il se mît bien en tête que ce n'était pas un véhicule ordinaire, mais un véhicule mu par un moteur qui, à la façon d'un vivant, avalait par devant de l'essence claire et rejetait par derrière des gaz puants, et se conduisait comme un dément entre les deux. Le tout était compréhensible du point de vue de la nature, mais difficile à supporter du point de vue de l'homme.
A. Döblin, Voyage babylonien
mercredi 11 mai 2011
dimanche 1 mai 2011

Yourcenar, à propos de ses Mémoires d'Hadrien, et peut-être aussi une jolie formulation de la première règle de politesse qui apparaîtrait dans un juste traité d'éthique fondamentale.
"Grossièreté de ceux qui vous disent: "Hadrien, c'est vous." Grossièreté peut-être aussi grande de ceux qui s'étonnent qu'on ait choisi un sujet si lointain et si étranger. Le sorcier qui se taillade le pouce au moment d'évoquer les ombres sait qu'elles n'obéiront à son appel que parce qu'elles lapent son propre sang. Il sait aussi, ou devrait savoir, que les voix qui lui parlent sont plus sages et plus dignes d'attention que ses propres cris."
mercredi 15 décembre 2010
samedi 11 décembre 2010
Dernier Hugo, promis, mais hugo important pour la suite de tout.
Il aperçut au-dessus de sa tête, vis-à-vis du château brûlant et dans le plein jour de l'incendie une figure hagarde et lamentable, une femme penchée sur le ravin.
C'était de cette femme qu'était venu ce cri.
Cette figure, ce n'était plus Michelle Fléchard, c'était Gorgone. Les misérables sont les formidables. La paysanne s'était transfigurée en euménide. Cette villageoise quelconque, vulgaire, ignorante, inconsciente, venait de prendre brusquement les proportions épiques du désespoir. Les grandes douleurs sont une dilatation gigantesque de l'âme; cette mère, c'était la maternité; tout ce qui résume l'humanité est surhumain; elle se dressait là, au bord de ce ravin, devant cet embrasement, devant ce crime, comme une puissance sépulcrale; elle avait le cri de la bête et le geste de la déesse; sa face, d'où tombaient des imprécations, semblait un masque de flamboiement. Rien de souverain comme l'éclair de ses yeux noyés de larmes; son regard foudroyait l'incendie.
Il aperçut au-dessus de sa tête, vis-à-vis du château brûlant et dans le plein jour de l'incendie une figure hagarde et lamentable, une femme penchée sur le ravin.
C'était de cette femme qu'était venu ce cri.
Cette figure, ce n'était plus Michelle Fléchard, c'était Gorgone. Les misérables sont les formidables. La paysanne s'était transfigurée en euménide. Cette villageoise quelconque, vulgaire, ignorante, inconsciente, venait de prendre brusquement les proportions épiques du désespoir. Les grandes douleurs sont une dilatation gigantesque de l'âme; cette mère, c'était la maternité; tout ce qui résume l'humanité est surhumain; elle se dressait là, au bord de ce ravin, devant cet embrasement, devant ce crime, comme une puissance sépulcrale; elle avait le cri de la bête et le geste de la déesse; sa face, d'où tombaient des imprécations, semblait un masque de flamboiement. Rien de souverain comme l'éclair de ses yeux noyés de larmes; son regard foudroyait l'incendie.
vendredi 5 novembre 2010
mercredi 27 octobre 2010
mercredi 29 septembre 2010
samedi 11 septembre 2010
dimanche 22 août 2010
COMÉDIE
puisqu'il faut bien parfois tenter de lever les pieds de sur le sol.
Qui es tu toi avec ta voix qui parle et les bandes épaisses de chair rouge d’où sortent ces sons il y a des filles qui chantent je ne t’ai jamais entendue chanter quand tu parles il y a des morceaux de sable dans ta voix tu ne sais pas bien pousser les sons en projetant comme il faut comme les chanteurs professionnels je n’écoute pas toujours ce que tu dis et je le regretterai quand je n’entendrai plus les morceaux de cailloux quand tu parles il y a des morceaux de vitre brisée dans ta voix il y a des gens qui pensent qu’on ne voit qu’à travers l’eau mais dans l’eau on se noie à travers ta bouche il y a des morceaux de verre c’est à travers eux quand tu parles qu’on voit clair quand tu dis des choses je suis distrait je regarde souvent ton ventre il est impossible de le voir à cause des tissus que tu mets dessus tu m’as dit l’autre jour quand nous marchions dans la rue que rien n’est impossible je ne t’ai pas crue car je suis distrait quand je regarde ton ventre qu’il est possible de deviner sous ton chandail en tissus rouge ou d’une autre couleur ça dépend des jours et c’est toujours parfait car ton ventre il a l’air de la peau et de dessous des muscles et des estomacs et des tubes et choses qui doivent être merveilleuses quand on les voit sous toi on les voit bouger et pousser sur le chandail on les devine mieux alors poussées quand tu parles par ta voix qui ne crie jamais et si elle criait je pense que je mourrais tellement ça serait fort pas par ta voix pleine de vitres et toute encombrée de clarté mais par ton ventre tout petit tout impossible derrière le tissu qui cache des mètres de vie repliée qui transforment le café en sang en mal de ventre en excitation en idée parfois j’ai failli oser toucher avec une main ton ventre et avec l’autre ton dos et mesurer l’épaisseur entre les deux et comprendre comment tout ce qu’on raconte qui s’y passe n’est pas très crédible mais j’oublie toujours de vérifier car distrait quand tu parles je le vois bouger comme s’il y avait quelque chose dedans.
puisqu'il faut bien parfois tenter de lever les pieds de sur le sol.
Qui es tu toi avec ta voix qui parle et les bandes épaisses de chair rouge d’où sortent ces sons il y a des filles qui chantent je ne t’ai jamais entendue chanter quand tu parles il y a des morceaux de sable dans ta voix tu ne sais pas bien pousser les sons en projetant comme il faut comme les chanteurs professionnels je n’écoute pas toujours ce que tu dis et je le regretterai quand je n’entendrai plus les morceaux de cailloux quand tu parles il y a des morceaux de vitre brisée dans ta voix il y a des gens qui pensent qu’on ne voit qu’à travers l’eau mais dans l’eau on se noie à travers ta bouche il y a des morceaux de verre c’est à travers eux quand tu parles qu’on voit clair quand tu dis des choses je suis distrait je regarde souvent ton ventre il est impossible de le voir à cause des tissus que tu mets dessus tu m’as dit l’autre jour quand nous marchions dans la rue que rien n’est impossible je ne t’ai pas crue car je suis distrait quand je regarde ton ventre qu’il est possible de deviner sous ton chandail en tissus rouge ou d’une autre couleur ça dépend des jours et c’est toujours parfait car ton ventre il a l’air de la peau et de dessous des muscles et des estomacs et des tubes et choses qui doivent être merveilleuses quand on les voit sous toi on les voit bouger et pousser sur le chandail on les devine mieux alors poussées quand tu parles par ta voix qui ne crie jamais et si elle criait je pense que je mourrais tellement ça serait fort pas par ta voix pleine de vitres et toute encombrée de clarté mais par ton ventre tout petit tout impossible derrière le tissu qui cache des mètres de vie repliée qui transforment le café en sang en mal de ventre en excitation en idée parfois j’ai failli oser toucher avec une main ton ventre et avec l’autre ton dos et mesurer l’épaisseur entre les deux et comprendre comment tout ce qu’on raconte qui s’y passe n’est pas très crédible mais j’oublie toujours de vérifier car distrait quand tu parles je le vois bouger comme s’il y avait quelque chose dedans.
vendredi 13 août 2010
"You'd rather live in shit than let the world see you work a shovel."
Lieutenant Daniels parlant à un commandant policier dont toute l'agitation ne vise, comme pour la plupart de ceux qui s'agitent, qu'à ne rien faire de bien (tout en imaginant se faire du bien en se servant lui-même étroitement et, pour ne pas être forcé de voir clair, en travaillant à rendre tout le monde aveugle).
Épisode 11 de la première saison de THE WIRE
Lieutenant Daniels parlant à un commandant policier dont toute l'agitation ne vise, comme pour la plupart de ceux qui s'agitent, qu'à ne rien faire de bien (tout en imaginant se faire du bien en se servant lui-même étroitement et, pour ne pas être forcé de voir clair, en travaillant à rendre tout le monde aveugle).
Épisode 11 de la première saison de THE WIRE
mardi 10 août 2010
dimanche 25 juillet 2010

Bob Dylan II
Comme c'est amusant que celui dont Joan Baez disait qu'il était so good with words parle des mots comme de foam from the mouth et de Casanova comme risquant d'être poisonned with words dans Desolation row. Ceux qui qui sont bons avec les mots aimeraient-ils vraiment moins les mots que les choses?
Quand Dylan a raison I
Your magnetic movements
Still capture the minutes I'm in
But it grieves my heart, love
To see you tryin' to be a part of
A world that just don't exist
It's all just a dream, babe
A vacuum, a scheme, babe
That sucks you into feelin' like this.
I can see that your head
Has been twisted and fed
With worthless foam from the mouth
To Ramona
Your magnetic movements
Still capture the minutes I'm in
But it grieves my heart, love
To see you tryin' to be a part of
A world that just don't exist
It's all just a dream, babe
A vacuum, a scheme, babe
That sucks you into feelin' like this.
I can see that your head
Has been twisted and fed
With worthless foam from the mouth
To Ramona

Madame s'est brûlée tout au complet au milieu de Montréal, là où ne vont plus que ceux qui font des tours ou qui ont trop d'argent. Elle s'est mis le feu en disant "vous avez tué la beauté du monde". Ceux qui n'entendent pas -- dont nous sommes tous à différents degrés -- se demandent toujours ce qu'elle voulait dire.
Ce n'est pas une mauvaise chose. Les faux incompris sont toujours compris par ceux qui le prétendent. Les vrais incompris, portés par une mauvaise époque, ne peuvent espérer que les caresses des chiens ou du feu.
mercredi 7 juillet 2010

Van Gogh, lettre à son frère entre 1883 et 1885, sans date.
Je sens que père et mère réagissent instinctivement à mon sujet (je ne dis pas intelligemment).
On hésite à m'accueillir à la maison, comme on hésiterait à accueillir un grand chien hirsute. Il entrera avec ses pattes mouillées -- et puis, il est très hirsute. Il gênera tout le monde. Et il aboie bruyamment.
Bref -- c'est une sale bête.
Bien -- mais l'animal a une histoire humaine et, bien que ce ne soit qu'un chien, une âme humaine. Qui plus est, une âme humaine assez sensible pour sentir ce qu'on pense de lui, alors qu'un chien ordinaire en est incapable.
Quant à moi je veux bien admettre d'être un chien, et cela ne change rien à leur valeur.
Le chien comprend que, si on le gardait, ce serait pour le supporter, le tolérer dans cette maison; par conséquent il va essayer de trouver une niche ailleurs.
vendredi 2 juillet 2010
Oh captain my captain what am I here alone
Am I eyes dirt or nails?
I am sailing on boat bild by hands and unknown
On water that mirrors
Can I see beyond that reflexion no
because wind Is too thick and life impossible
Although wind makes a plane
and dirt and nails and all alone may a day make a captain.
Who flies?
A bird?
How wrong.
Si voler n'était pas une métaphore
Il faudrait vraiment que je sois musclé pour porter des os dans le vent
Avec toute cette exagération d'humanité
Am I eyes dirt or nails?
I am sailing on boat bild by hands and unknown
On water that mirrors
Can I see beyond that reflexion no
because wind Is too thick and life impossible
Although wind makes a plane
and dirt and nails and all alone may a day make a captain.
Who flies?
A bird?
How wrong.
Si voler n'était pas une métaphore
Il faudrait vraiment que je sois musclé pour porter des os dans le vent
Avec toute cette exagération d'humanité
samedi 26 juin 2010
Ô Capitaine! Mon Capitaine! Notre voyage effrayant est fini
Le bateau a franchi tous les caps, le prix est gagné
Le port est proche, j’entends les cloches, le peuple exulte
Les yeux suivent la quille tranquille, le vaisseau sombre et vrai
Mais Ô cœur! Cœur! Cœur!
Ô les coulures sanglantes du rouge,
Quand sur le pont gît mon Capitaine
Tombé mort et froid.
Ô Capitaine, mon Capitaine! Levez-vous, entendez les cloches
Levez-vous, pour vous le drapeau flotte, pour vous le clairon trille
Pour vous les bouquets, les couronnes, les rubans, les rives vives et pleines
C’est vous qu’ils appellent, la masse attentive, leur face inquiète se lève
Ici Capitaine! Cher Père!
Ce bras sous votre tête,
C’est comme un rêve quand sur le pont
Vous êtes tombé mort et froid.
Mon capitaine ne répond pas, ses lèvres sont pâles et muettes,
Mon père ne sent point mon bras, il n’a ni pouls ni tête
Le bateau est ancré sain et sauf
Son voyage est accompli
Du terrible enjeu le vaisseau victorieux revient fort de son gain
Exultez, Ô rives, sonnez, Ô cloches!
Mais d’un pas de deuil
Je marcherai sur le pont où mon Capitaine
Est tombé mort et froid.
O Captain! My Captain!
O Captain! My Captain! our fearful trip is done;
The ship has weather'd every rack, the prize we sought is won;
The port is near, the bells I hear, the people all exulting,
While follow eyes the steady keel, the vessel grim and daring
But O heart! heart! heart!
O the bleeding drops of red,
Where on the deck my Captain lies,
Fallen cold and dead.
O Captain! My Captain! rise up and hear the bells;
Rise up-for you the flag is flung-for you the bugle trills;
For you bouquets and ribbon'd wreaths-for you the shores a-crowding;
For you they call, the swaying mass, their eager faces turning
Here Captain! dear father!
This arm beneath your head;
It is some dream that on the deck,
You've fallen cold and dead.
My Captain does not answer, his lips are pale and still;
My father does not feel my arm, he has no pulse nor will;
The ship is anchor'd safe and sound, its voyage closed and done;
From fearful trip the victor ship comes in with object won
Exult, O shores, and ring, O bells!
But I with mournful tread,
Walk the deck my Captain lies,
Fallen cold and dead.
Walt Whitman (Pour Abraham Lincoln)
Le bateau a franchi tous les caps, le prix est gagné
Le port est proche, j’entends les cloches, le peuple exulte
Les yeux suivent la quille tranquille, le vaisseau sombre et vrai
Mais Ô cœur! Cœur! Cœur!
Ô les coulures sanglantes du rouge,
Quand sur le pont gît mon Capitaine
Tombé mort et froid.
Ô Capitaine, mon Capitaine! Levez-vous, entendez les cloches
Levez-vous, pour vous le drapeau flotte, pour vous le clairon trille
Pour vous les bouquets, les couronnes, les rubans, les rives vives et pleines
C’est vous qu’ils appellent, la masse attentive, leur face inquiète se lève
Ici Capitaine! Cher Père!
Ce bras sous votre tête,
C’est comme un rêve quand sur le pont
Vous êtes tombé mort et froid.
Mon capitaine ne répond pas, ses lèvres sont pâles et muettes,
Mon père ne sent point mon bras, il n’a ni pouls ni tête
Le bateau est ancré sain et sauf
Son voyage est accompli
Du terrible enjeu le vaisseau victorieux revient fort de son gain
Exultez, Ô rives, sonnez, Ô cloches!
Mais d’un pas de deuil
Je marcherai sur le pont où mon Capitaine
Est tombé mort et froid.
O Captain! My Captain!
O Captain! My Captain! our fearful trip is done;
The ship has weather'd every rack, the prize we sought is won;
The port is near, the bells I hear, the people all exulting,
While follow eyes the steady keel, the vessel grim and daring
But O heart! heart! heart!
O the bleeding drops of red,
Where on the deck my Captain lies,
Fallen cold and dead.
O Captain! My Captain! rise up and hear the bells;
Rise up-for you the flag is flung-for you the bugle trills;
For you bouquets and ribbon'd wreaths-for you the shores a-crowding;
For you they call, the swaying mass, their eager faces turning
Here Captain! dear father!
This arm beneath your head;
It is some dream that on the deck,
You've fallen cold and dead.
My Captain does not answer, his lips are pale and still;
My father does not feel my arm, he has no pulse nor will;
The ship is anchor'd safe and sound, its voyage closed and done;
From fearful trip the victor ship comes in with object won
Exult, O shores, and ring, O bells!
But I with mournful tread,
Walk the deck my Captain lies,
Fallen cold and dead.
Walt Whitman (Pour Abraham Lincoln)
jeudi 17 juin 2010
Un soir de son anniversaire, mon ami André avait fait jouer cette chanson chez lui, nous devions avoir 25 ans. Je ne l'avais jamais entendue: du coup, je suis tombé par terre, écrasé sur le planché de son appartement. J'étais jeune alors et ne me doutais pas du niveau auquel cette tristesse peut descendre.
vendredi 28 mai 2010
La politique est-elle synonyme de corruption?
Le hockey est-il synonyme de religion?
La vie est-elle synonyme de difficultés financières?
Les gens sont-ils synonymes de cons?
La politique vs la citoyenneté
Le hockey vs la culture
La vie vs l’argent
Les gens vs les cons
Bienvenue dans le monde où toutes les formes de relations ont été réduites, dans une étrange identité, à vs et synonyme.
Le hockey est-il synonyme de religion?
La vie est-elle synonyme de difficultés financières?
Les gens sont-ils synonymes de cons?
La politique vs la citoyenneté
Le hockey vs la culture
La vie vs l’argent
Les gens vs les cons
Bienvenue dans le monde où toutes les formes de relations ont été réduites, dans une étrange identité, à vs et synonyme.
samedi 22 mai 2010
dimanche 16 mai 2010
Écoutez crier la foule quand il dit:
-Tonight I'm gonna take that ride, across the river to the jersey side
puis,
-Down the shore everything's all right (the jersey shore: l'autre bord c'est New York bien sûr)
et finalement quand il dit un peu plus loin: -When you're in love with a Jersey girl
Comme c'est dur de passer toute sa vie à se faire dire qu'on ne vaut rien parce qu'on n'est pas né au supposé bon endroit.
-Tonight I'm gonna take that ride, across the river to the jersey side
puis,
-Down the shore everything's all right (the jersey shore: l'autre bord c'est New York bien sûr)
et finalement quand il dit un peu plus loin: -When you're in love with a Jersey girl
Comme c'est dur de passer toute sa vie à se faire dire qu'on ne vaut rien parce qu'on n'est pas né au supposé bon endroit.
mercredi 12 mai 2010
Chronos panton pater
Le temps est père de toutes choses (Pindare)
Quel étrange dieu.
J'ai trente quatre ans, deux fois l'âge où je me crois.
Hier... ah, à quoi bon? Tous les gens que je connais sont devenus d'autres gens et moi-même je suis un vieil étrange. Hier à présent demain: j'aimerais bien dire "quelle catastrophe", mais je serais gêné de l'emphase et du cliché.
Le temps est père de toutes choses (Pindare)
Quel étrange dieu.
J'ai trente quatre ans, deux fois l'âge où je me crois.
Hier... ah, à quoi bon? Tous les gens que je connais sont devenus d'autres gens et moi-même je suis un vieil étrange. Hier à présent demain: j'aimerais bien dire "quelle catastrophe", mais je serais gêné de l'emphase et du cliché.
lundi 3 mai 2010

J'ai découvert ces jours derniers, avec le livre de N.Baillargeon Contre la réforme qu'une bonne part de l'inspiration de la récente réforme de l'éducation au Québec était inspirée par une théorie qu'on appelle constructivisme radical. On peut percevoir assez aisément dans le langage et les schèmes de réflexion de la pédagogie qui voulait être imposée à l'école une origine qui renvoie à des réflexion et des influences philosophiques assez connues si l'on est un peu formé en la matière (souvent les philosophes influencent ainsi des gens sans qu'ils ne le sachent), mais je n'aurais jamais osé penser que ces influences étaient explicitement revendiquées dans une si totale incompréhension et une si complète naïveté par les acteurs de cette réforme.
Il se trouve qu'on enseigne aux enseignants futurs et qu'on corrige les actuels en les informant qu'il est avéré que le "monde extérieur" n'existe pas, ce qui explique le rejet de l'"enseignement" "autoritaire" de "savoirs" et la méfiance envers l'évaluation et la correction d'"erreurs". Je fais simple, mais je dis vrai et pourrais le montrer envers et contre toutes les nuances que ces gens souhaiteraient apporter pour ne pas perdre la face et avouer qu'ils ne font ce qu'ils font que parce qu'ils sont des couards, des cancres qui veulent se venger et des opportunistes qui souhaitent conserver leur pouvoir, leur travail et leurs subventions. Le plus drôle est qu'ils s'inspirent de Heidegger (à travers Foucault et les autres bien sûr) dans leur négation de la vérité correspondance (thèse qui dit que la vérité implique une adéquation entre les représentations du sujet et une réalité objective: imaginez un système d'éducation entier basé systématiquement sur la négation de cela, et bien c'est ce que vous avez), en ignorant que dans le paragraphe qui influence sans qu'ils ne l'aient lu ces ignorants qui se croient autorisés par lui à une conclusion sceptique, Heidegger dit ce qui suit:
"Du reste, le sceptique, s’il est factuellement, selon la guise de la négation de la vérité, n’a pas non plus besoin d’être réfuté. Pour autant qu’il est et qu’il s’est compris dans cet être, il a éteint l'existence, et avec lui la vérité, dans le désespoir du suicide".
Il semble que ce soit ce suicide que nous réserve le ministère de l'éducation et les départements des sciences de l'éducation. C'est vraiment "le bout du bout" comme on dit, de se faire enculer au point de se voir dérober la liberté de se suicider soi-même.
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